De la guerre à la transition : autoritarisme reconfiguré et instabilité institutionnelle en Syrie


Un panneau d’affichage à caractère politique appelle à l’unité nationale et à la reconstruction, sous le drapeau de l’opposition syrienne. (Source : Le Sceptique).

Les dynamiques évolutives ayant transformé le soulèvement populaire syrien de 2011 en conflit interne, bien que reconfigurées, demeurent sous la direction d’Ahmed al-Sharaa en 2025.
À cet égard, il convient de souligner que les conditions structurelles, notamment l’exclusion socio-économique et la résilience autoritaire, continuent de nourrir la politisation identitaire.

Ce processus, comme l’ont montré plusieurs études sur les conflits prolongés, favorise la radicalisation et la militarisation, amplifiées par des interventions régionales et internationales persistantes. Dès lors, une question centrale s’impose : dans quelle mesure les crises de légitimité et l’enracinement des acteurs externes contribuent-ils à perpétuer les cycles d’instabilité dans le cadre du processus de reconstruction post-conflit d’une Syrie fragmentée ?

De fait, le conflit syrien, désormais engagé dans sa deuxième décennie, illustre la complexité inhérente aux dynamiques de reconstruction post-conflit dans des configurations étatiques fragmentées. L’effondrement de l’autorité centralisée, la prolifération des factions armées et l’érosion de la confiance institutionnelle ont rendu obsolètes les paradigmes classiques de construction étatique, tels que conceptualisés par les différentes théories institutionnalistes.

L’instabilité sociale persistante en Syrie s’explique en grande partie par l’insuffisance des efforts déployés par le gouvernement de transition pour instaurer des cadres politiques inclusifs et pluralistes, susceptibles de répondre aux griefs historiques et de promouvoir une réconciliation sociétale authentique.

À défaut d’une progression concomitante des processus de libéralisation économique et politique, comme le suggèrent les modèles de consolidation démocratique, le risque d’un nouveau cycle de conflit interne s’accroît, et l’instabilité tend à se renforcer.

À la suite de l’effondrement du régime de Bachar al-Assad, la Syrie a traversé une période cruciale et tumultueuse, marquée par des bouleversements profonds sur les plans économique, politique, juridique et social. Cette phase de transition, conformément aux observations empiriques sur les États en sortie de guerre, a engendré une incertitude généralisée et une instabilité durable, affectant l’ensemble des structures étatiques et sociétales.

Les vulnérabilités fiscales et la gouvernance économique dans la Syrie post-conflit : entre réformes avortées et consolidation des élites


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