
Marine Le Pen à l’Assemblée nationale le 30 janvier 2024 – EMMANUEL DUNAND / AFP
Dimanche dernier, la députée RN qualifiait le décès du célèbre opposant russe à Vladimir Poutine, de « perte importante pour la démocratie » tout en pointant du doigt le Kremlin comme unique responsable.
Après l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front National suivie de la participation en novembre 2023 du RN à la marche contre l’antisémitisme et le virement pro-israélien de Marine Le Pen pour se laver des quenelles de son père en soutien au polémiste Dieudonné, le tout accompagné de dires négationnistes réitérés par ce dernier en 2015, sans négliger la volonté dont elle faisait part en 2014 de reconnaître la souveraineté russe sur la Crimée, il semblerait que le Rassemblement National ou descendant de l’ex-Front National soit par tout les moyens bien décidé, à des fins électorales, à redorer son blason aux yeux de l’opinion publique française, majoritairement défavorable au gouvernement russe, un fait s’étant accentué depuis le début de la Guerre Russo-ukrainienne ayant débutée le 24 Février 2022.
Le parti de Marine Le Pen fut souvent mis en cause depuis 2014 en raison de liens étroits qu’il entretient avec Moscou notamment par les financements russes gravitant les 11 millions de dollars US que celui-ci aurait perçu la même année.
Depuis la décennie 2000 à nos jours, le parti nationaliste de droite perçoit la Russie de Poutine comme étant le meilleur allié potentiel de la France dans le cadre d’une politique multi-vectorielle souverainiste d’émancipation des tutelles contemporaines américaines et chinoises sur l’Hexagone : lors de la période électorale de 2022, l’ex-candidate RN faisait part lors de l’émission La France dans les yeux de sa crainte concernant un rapprochement de la Russie avec la Chine en cas de sanctions européennes suivi d’une accentuation de la main-mise américaine sur l’Europe, celle-ci due à la mise à mal d’un projet eurasiatique qui endommagerait le degré de suprématie de Washington DC… les États-Unis, ayant géographiquement et d’un point de vue calculateur, avancé leurs pions otaniens au plus près des limes de la Russie dans le cadre d’une stratégie de diversion visant à endiguer son hégémonie à l’échelle internationale mais également en vue d’inciter cette dernière, sur le long terme, à sécuriser ses frontières par la force et ce, au grand détriment des « relations amicales et commerciales mutuellement bénéfiques entre l’UE et Moscou ».
De son côté, la Russie entrevoit une opportunité à s’édifier un degré d’influence par procuration au sein des territoires européens par le recours à la sponsorisation de pions internes tels que certains partis d’extrême-droite comme le RN en France ou le Fidescz hongrois de Viktor Orbàn.
Selon certains médias comme MediaPart, la Russie tend à nourrir les mouvements identitaires européens en vue de déstabiliser les sociétés européennes dans le cadre d’une stratégie de « division interne pour mieux régner », mais aussi en vue de blâmer les états européens pour leurs « islamophobie » et « tendances néo-nazies », une sémantique accusatoire que le Kremlin aime prononcer dans le but d’endommager le blason des puissances européennes dont la France et l’Allemagne plus spécifiquement, avec qui il entretient des rapports de force en terme de détention du leadership mondial ainsi que régional.
Alexeï Navalny est décédé en prison après 3 ans de détention suite à son arrestation en janvier 2021 à l’aéroport de Sheremetyevo, celui-ci fut jusqu’alors accusé par le Kremlin de trahison et d’acte d’intelligence avec l’ennemi.