Article rédigé le 14 octobre 2023 par Jad Faraj et transposé sur Le Sceptique

Des membres armés des brigades Al-Qassam, branche armée du Hamas, lors du 35e anniversaire de la fondation du Hamas, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 14 décembre 2022. © Getty – Yousef Masoud/SOPA Images/LightRocket
Le 7 octobre 2023, le Hamas a lancé une attaque de grande envergure contre l’État Hébreux par des tirs de roquettes ciblant les métropoles de Tel-Aviv, Ashdod et Be’er Sheva, accompagnée cette fois d’infiltrations de groupes armées islamistes en territoire israélien, le tout causant la mort parfois brutale de plus de 250 individus et près de 2500 blessés en l’espace de moins de 48 heures, incitant le ministre israélien de la défense Yoav Galant à qualifier cette attaque de « guerre contre Israël », laissant penser que cette nouvelle situation de tension atteindra probablement son paroxysme en comparaison aux scénarios du printemps 2021 et de l’été 2014. L’Union Européenne et les États-Unis ont de leurs côtés immédiatement et fermement condamné ces attaques qualifiées d’ « agression » de la part du Hamas, classée sur la liste des organisations terroristes en Occident.
Les motifs de l’attaque
Les récentes provocations menées par le notable sioniste religieux d’extrême-droite israélien Itamar Ben Gvir sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem en Janvier et Mai 2023 constituent probablement un casus belli selon la récente déclaration du porte-parole du Hamas Khaled Qadomi, le tout s’accompagnant d’une seconde du Hamas sur Telegram invitant tout mouvement de résistance palestinien et le monde arabo-musulman à se joindre dans la bataille…bien que conscient que celui-ci dans sa globalité n’y accorderait sans surprise aucune réponse pour le moins concrète.
La menace islamiste, quels bénéfices ?
En apparence, il est clair qu’à court terme, l’existence d’une menace islamiste affiliée aux frères musulmans et aux revendications ouvertement anti-sionistes et pan-islamiques accompagnée d’une situation d’insécurité interne n’est point enchantante pour l’État d’Israël par l’impact psychologique négatif engendré sur sa population pouvant être conduite à recourir à une « Alyah inversée », au risque de voir réduire la démographie du territoire ainsi que son degré de suprématie, partiellement et tangiblement lié à celle-ci.
Tsahal, 18ème plus puissante armée du monde, détient pourtant les capacités d’entrer à Gaza et de vaincre le Hamas définitivement en permettant aux autorités israéliennes de maîtriser la minuscule Bande par une main-mise similaire à celle exercée en Cisjordanie.
Le discours officiel israélien justifie l’absence d’offensive finale par un motif humaniste : l’Egypte voisine souhaitant maintenir sa frontière verrouillée par crainte non seulement d’infiltrations de membres islamistes antagonistes au gouvernement d’Al-Sissi mais aussi d’un possible non-retour de 2 millions de réfugiés, Israël pour sa part tend à répliquer en faible intensité face aux attaques du Hamas de peur d’être tenue responsable de probables et forts dégâts humains… pourtant, au sein de ce réel et triste bas monde où les rapports de force culminent toujours, tout geste et discours idéaliste dissimule un objectif réaliste et rationnel. Une victoire militaire israélienne par une intervention terrestre sans départ massif d’habitants n’engendrerait que des dégâts humains pour le moins relatifs : sous cette forme, de nombreuses (re)conquêtes récentes de territoires et villes denséments peuplées plus spécifiquement au Moyen-Orient ont eu lieu sans effacement totale de population (cf. Invasion de l’Irak en 2003 ou reconquête de territoires autrefois entre les mains de l’État Islamique), pourquoi pas à Gaza ?
Même si cela devait avoir lieu, Israël (déjà condamnée plus de 17 fois par l’ONU en 2020) ne s’exposerait qu’à des condamnations non-officieuses notamment par le soutien reçu des puissances occidentales, d’autant que l’État Hébreux n’a récemment pas hésité à frapper un hôpital tuant plus de 2000 personnes…

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